De l’utilité de la philosophie

Guy Ferland Enseignant en philosophie au Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse.

À quoi servent les cours de philosophie et pourquoi sont-ils obligatoires dans la formation générale pour tous les étudiants du Québec au XXIe siècle ?

Ces interrogations méritent d’être soulevées et examinées en ce moment puisque le ministre Yves Bolduc, le Conseil supérieur de l’éducation et la Fédération des cégeps remettent en question la composition des cours de la formation générale au collégial.

L’utilité et la nécessité des cours de philosophie offerts à des jeunes de 17, 18 et 19 ans peuvent se justifier de plusieurs façons en ce début de siècle où les idéologies religieuses et politiques, de même que l’accélération des innovations technologiques et des découvertes scientifiques, vont provoquer des bouleversements inédits pour l’humanité.

Faire des liens, soupeser l’information continue qui provient d’une multitude de sources, analyser les enjeux sociaux et politiques, critiquer les idéaux, les tendances et les modes, unifier tout cela en un ensemble cohérent, pertinent et convaincant, voilà quelques-uns des éléments sur lesquels porte l’enseignement de la philosophie au cégep.

De plus, les cours de philosophie s’adressent aux étudiants dans leurs dimensions affective, cognitive et relationnelle. Contrairement à d’autres disciplines plus spécialisées, la philosophie touche tous les aspects de la vie d’un individu et lui propose diverses façons de construire une personnalité riche et harmonieuse.

Bref, à l’heure du morcellement de la société, de la surabondance d’informations de toutes sortes, de la surspécialisation des travailleurs, de la surconsommation, de l’individualisme et de la perte du sens civique, les cours de philosophie au collégial permettent de mettre en commun des savoirs, de les organiser et de les intégrer dans une perspective unifiée qui aide les étudiants à mieux orienter leur vie personnelle et professionnelle.